Nouvelle émission aussi douteuse que pitoyable de TF1 - Bienvenue dans ma tribu !

13 juillet 2010 ( patrick bernard )

A nouveau une pitoyable mise en scène de la télévision française sur le dos des peuples les plus fragilisés
et les plus menacés de la planète. P. Bernard

CRITIQUE TELERAMA

Produit par Alexia Laroche-Joubert. 90 mn. Inédit.
Adapté d’un format hollandais, voici un divertissement, en six volets, pour le moins douteux. Sous couvert de promotion de l’altérité, trois familles françaises son expédiées chez des ethnies reculées : les Surma d’Ethiopie, les Huli de Papouasie-Nouvelle-Guinée et les Zápara, en Equateur. Piétinant les plates-bandes de Frédéric Lopez et de son Rendez-vous en terre inconnue, l’émission prise les gros plans sur les lances, les peintures corporelles ou les plateaux labiaux des femmes Surma. La voix off assène d’hypothétiques dangers : « Les Français ont atteint un point de non-retour ! » Nulle évocation de la déforestation, pudique silence sur l’acculturation forcée en Papouasie occidentale… Conçue comme un « programme de connaissance et d’ouverture au monde », cette désagréable mise en scène d’Occidentaux en mal d’aventures relègue les tribus au rang d’exotiques faire-valoir, sans même évoquer la préservation de leurs cultures ancestrales pourtant menacées. Pathétique.

Hélène Rochette - Télérama - Samedi 10 juillet 2010

N’hésitez pas à écrire à Alexia Laroche Joubert pour lui manifester votre désapprobation devant ce type d’émission qui contribue à véhiculer des préjugés et des stéréotypes négatifs à l’égard des peuples indigènes mais aussi à attirer vers eux l’intérêt des tours opérators et autres organisateurs de voyages de groupe généralement peu scrupuleux de leur impact sur des populations aussi fragiles : ALJ Productions, 118 rue de Tocqueville, 75017 Paris.

L’équipe ANAKO en immersion

18 mai 2010 ( patrick bernard )

Nous partons jusqu’au 10 Juillet pour une de nos immersions au sein des peuples les plus menacés de la planète.
Cette fois nous allons nous glisser de la ventre de la forêt amazonienne et vous reviendrons cet été
pour vous faire partager nos rencontres et témoignages.

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TIBET, LE COMBAT POUR LA LIBERTÉ À BORD DE LA PÉNICHE ANAKO

6 mai 2010 ( patrick bernard )

Ne manquez pas, dans la prolongation du printemps d’ANAKO, ce lundi 17 mai à 20 h précises à bord de la péniche ANAKO, Face au 61 quai de Seine, bassin de la Villette, 75019 PARIS, une grande soirée organisée avec la participation de France Télévision autour deux films majeurs.

Projection-débat autour de deux films :
La projection aura lieu en présence de représentants du peuple tibétain, de Gilbert Leroy, réalisateur, et de Caroline Béhar, responsable de l’unité Achats et Coproductions Internationales de France 5.

Plein tarif : 6 €
Tarif réduit : 4 €

Réservations à : peniche.anako@free.fr
Le programme détaillé : peniche.anako.com

Photo Gilbert Leroy 10 Mars 2006 Dharamsala .jpg

“AIDEZ-NOUS À SAUVER LE TIBET”
(19 min.)
Film réalisé par Gilbert Leroy, pour l’association Aide à l’enfance tibétaine et pour être présenté au Dalaï Lama lors de l’une de ses visites en France.

Gilbert Leroy a recueilli les témoignages poignants de jeunes qui ont quitté leurs parents, traversé l’Himalaya pour fuir le Tibet colonisé par la République Populaire de Chine et trouvé refuge, à Dharamsala, auprès du Dalaï Lama.
Dans ce film nous suivons également une manifestation organisée en Inde pour la libération du Panchen Lama. C’est un film “coup de poing”, qui s’appuie sur les interviews des nouveaux arrivants et la détermination des réfugiés Tibétains en Inde.

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” TIBET, LE COMBAT POUR LA LIBERTÉ”
(80 min.)
Documentaire écrit par Tenzing Sonam, réalisé en 2009 par Ritu Sarin et Tenzing Sonam, et coproduit par France 5/White Crane Productions, avec la participation de Roland Films, Arch Communications Gmbh et Bos.
Lhassa, mars 2008 : les rues de la capitale tibétaine sont en flammes. Des manifestations rappellent à l’opinion internationale que le problème tibétain n’est pas résolu. Depuis 50 ans, le Dalaï-Lama, chef spirituel du Tibet, vit en exil, mais il incarne toujours les espoirs de son peuple. Pourtant, la stagnation de la situation provoque de plus en plus de mécontentements y compris dans les rangs de ses plus fervents fidèles.
Les réalisateurs nous offrent un regard sur la vie du Dalai Lama et à travers lui, sur l’histoire du Tibet. Ils ont suivi le chef spirituel tibétain au cours de ses voyages tout au long de l’année 2008, dans son combat pour une solution pacifique au problème du Tibet. Le film explore aussi ses doubles responsabilités en tant que pratiquant bouddhiste et leader politique, les dilemmes et les contradictions que génèrent ces deux rôles. Pour le Dalai Lama, le temps commence à manquer. En 2009, il a eu 74 ans et la question de sa succession agite les esprits. Quels sont les enjeux géopolitiques et quel est l’avenir du Tibet ?

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LE PRINTEMPS D’ANAKO A BORD DE LA PÉNICHE ANAKO

13 avril 2010 ( patrick bernard )

VENDREDI 30 AVRIL ET SAMEDI 1er MAI

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LE PRINTEMPS D’ANAKO
(PROGRAMMATION TOUT PUBLIC)

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Les 29, 30 avril et 1er mai 2010, la deuxième édition du printemps d’ANAKO se tiendra à bord de la Péniche ANAKO. Une occasion unique de découvrir une sélection exceptionnelle de films documentaires pour le jeune public mais aussi des avants premières et des projections débats de films inédits consacrés aux dernières sociétés traditionnelles.
Deux festivals en un:

- GRAINS D’HOMME proposera au jeune public une sélection de films racontant le quotidien des enfants des quatre coins de monde.
(sur réservations pour groupes de plus de 10 enfants - 2€/par jeune spectateur)

- REGARDS AUTOCHTONES, des témoignages uniques et des regards inédits portés par les communautés autochtones sur leurs propres cultures et leurs propres devenir.
(Vente des billets 1/2 h avant chaque représentation 5 € - Pass 5 représentations tout public et vernissage 20 €)

PENICHE ANAKO
Face au 61 quai de Seine
(Bassin de la Villette)
75019 PARIS

Contact:
Planète ANAKO
236, Avenue Victor Hugo
94120 FONTENAY SOUS BOIS
Réservations : planete.anako@free.fr

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VENDREDI 30 AVRIL ET SAMEDI 1er MAI

LE PRINTEMPS D’ANAKO
(PROGRAMMATION TOUT PUBLIC)

VENDREDI 30 AVRIL

A 17H ET A 20H30 DEUX AVANTS PREMIÈRES EXCEPTIONNELLES. A 19H LE VERNISSAGE DE L’EXPOSITION.

A 17h
AVANT-PREMIÈRE DU FILM
« WILKA KUTI – LE RETOUR DU SOLEIL »

(52’) de Patrick BERNARD et Ken UNG avec la participation du groupe KALA MARKA

Dans la cordillère des Andes, comme dans toute l’Amérique latine, la musique et la poésie ont eu un rôle déterminant dans cette reconquête de la dignité et des identités autochtones. Hugo Gutierrez et Rodolfo Choque, les fondateurs du groupe K’ala Marka, ont, dans les années 80, quitté la Bolivie du dictateur Banzer Suarez. Comme de nombreux jeunes Indiens Aymara de leur génération, artistes ou étudiants, ils ont choisi d’aller ailleurs à la recherche de cette liberté d’expression, de poésie et de chanson, qu’en leur propre pays on leur avait volé.
Puis, en janvier 2006, le premier président amérindien de l’histoire des Amériques, Evo Moralès, est élu en Bolivie. Comme Evo Moralès, Hugo Gutierrez et Rodolfo Choque appartiennent à cette génération qui, pendant des décennies, dans le silence de l’exil ou de la clandestinité, a reconstruit note après note, pierre après pierre, la dignité de l’Indien des Andes. Chantres de la poésie et de la musicalité indienne de Bolivie, Hugo et Rodolfo sont devenus naturellement les porteurs d’espoirs de tout un peuple. Leur musique est une passerelle vivante entre les chefs politiques, les grands maîtres spirituels et une jeunesse avide de retrouver son identité et sa fierté.

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A 18h30 h
VERNISSAGE DE L’EXPOSITION

« GRAINS D’HOMME - UNE JOURNÉE D’ENFANCE TOUT AU BOUT DU MONDE ».

Le quotidien des enfants des tribus des quatre coins du monde.
Des frontières de l’espoir entre Birmanie et Thaïlande aux savanes du cœur de l’Afrique, les regards et les expressions des enfants de ces peuples arc-en-ciel
 interpellent l’âme et le cœur de ceux qui les croisent.

Vous pourrez découvrir l’exposition du 29 avril au 23 Mai inclus tous les jours de 12h à 18h à bord de la péniche ANAKO – Entrée libre.

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A 20h00
AVANT PREMIÈRE DU FILM
« MÉMOIRES D’OCÉANIE – DANS LES PAS DE MALINOWSKI»

(50’) de Patrick BERNARD et Ken UNG avec la présence exceptionnelle de Betty et Jacques VILLEMINOT.

50 ans après Malinowski, Deux jeunes explorateurs, pionniers du film ethnographique, partent sur ses traces à la découverte du merveilleux peuple trobriandais.

Les insulaires de l’archipel des Trobriands menaient il y a encore quelques décennies une vie presque paradisiaque, tout juste vêtus de fleurs et de feuillages sur une petite île corallienne entre les Iles Salomon et la grande île de Nouvelle Guinée.

Jacques et Betty Villeminot nous racontent leur vie et leurs grandes expéditions à la rencontre des insulaires de l’archipel des Trobriands. Ils nous parlent avec passion de ces peuples racines qui ont parcouru sa vie de pionnier des grandes explorations ethnographiques.

Les images qu’ils ont réalisées dans le milieu du XXème siècle apportent tout son sens à leur témoignage et nous d’un regard nouveau sur ce que furent il y a cinquante ans les premières nations, peuples racines ou dernières tribus des marges du monde.

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SAMEDI 1er MAI

A 16h, à 18h et à 20h30, TROIS GRAND FILMS DE LA COLLECTION « LES VOIX DE L’OUBLI ».
RENCONTRE AVEC LES RESPONSABLES ET LES BÉNÉVOLES D’ICRA INTERNATIONAL.
ANIMATION MUSICALE OFFERTE PAR LE GROUPE ICRA PARIS.

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A 16h
Projection débat autour du film

“HERAKA 20 ANS PLUS TARD”

(52’) de Patrick BERNARD et Ken UNG en présence du réalisateur

Dans les Montagnes de l’Assam, aux confins des états interdits du Manipur et du Nagaland dans le Nord Est extrême de l’Inde, vivent trois grandes tribus Naga qui se reconnaissent sous l’appellation commune de Zéliangrong. Il s’agit des Zémi, des Zéliang et des Rongmei Naga, tous unis par les fondements du culte Héraka.

En 1987, je visitais, pour la première fois les villages Zémi de Laisong, Hazailo et Hangrun. 20 ans après, je retourne dans cette région de Laisong et retrouve ces amis d’alors avec lesquels j’avais maintenu ce lien solide noué en 1987. Je retrouve ces jeunes devenus pères de familles souvent nombreuses, ces chefs devenus anciens, ces enfants devenus adultes… Des routes et pistes relient désormais les villages les plus importants. Des toits de tôle ondulée remplacent de plus en plus les toitures de feuillages… Pourtant, dans chaque village, trônent encore ces majestueux Hangseuki qui font office de maisons des célibataires pour les garçons et de centres culturels. Beaucoup portent encore le châle et les colliers traditionnels. Les enfants portent pratiquement tous à leur cou, ce petit médaillon avec le portrait de celle qui est considérée comme la reine des Zéliangrong, Rani Gandiliu. Les extraordinaires traditions des Zémi restent plus vivantes que jamais…

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A 18h
Projection débat autour du film
LE RENOUVEAU INDIGÈNE

(52’) en présence du réalisateur et des bénévoles des associations ICRA INTERNATIONAL

et du FONDS POUR LA SAUVEGARDE DES CULTURES AUTOCHTONES.

Pendant les siècles qui ont accompagné et suivi les aventures coloniales de l’Occident, les peuples autochtones, peuples des forêts des déserts et des savanes, et plus particulièrement les dernières tribus de chasseurs-cueilleurs, d’éleveurs nomades on été bouleversés, dépossédés de leurs terres, convertis, souvent anéantis dans des processus de mutation voire d’anéantissement culturel et identitaire.

Pourtant, depuis le début des années 90, au lendemain de la célébration du cinquième centenaire de la conquête des Amériques, les peuples autochtones ont commencé à relever la tête en apprenant peu à peu à se servir des institutions internationales comme l’ONU. Après que le prix Nobel de la Paix 1992 ait été remis à une indienne Maya Quitché du Guatémala, Rigoberta Menchu Tum, 1993 a été déclarée par l’ONU année internationale des populations autochtones, aussitôt suivie par la décennie des cultures autochtones. Depuis lors, un véritable processus de renouveau indigène à commencé à se développer soutenu par de nombreuses organisations indigènes, d’ONG et d’associations de solidarité internationale.

Après avoir partagé le quotidien, les rites et la spiritualité des dernières communautés autochtones traditionnelles contemporaines en Amérique du Sud, en Afrique, en Asie ou en Océanie, le film nous invite à accompagner le renouveau indigène qui a pris corps au début des années 90 et le travail des associations de solidarité avec les peuples menacés et tout particulièrement les actions d’ICRA, d’Akassa et du Fonds pour la sauvegarde des cultures autochtones.

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A 20h30
Projection débat autour du film
BIRMANIE INTERDITE – LE RETOUR D’UN CHEF NAGA

(52’) de Patrick BERNARD et Ken UNG en présence du réalisateur et des bénévoles du groupe parisien de l’association ICRA INTERNATIONAL – Animation musicale

En Birmanie, les préparatifs de la cérémonie du Liamké ont commencé depuis un an. Toute la tribu s’est affairée à creuser dans le tronc d’un géant de la forêt un énorme tambour de cérémonies qu’elle tente aujourd’hui de hisser jusqu’au village. Il leur faut aussi trouver des mithunes, buffles des montagnes, pour le sacrifice cérémoniel.
En effet, la tribu des Khiamnungans attend la venue de son nouveau chef…

Birmanie interdite retrace le retour de l’historien Visier Sanyu auprès du Peuple des Grandes sources, une tribu naga de Birmanie particulièrement isolée.

Le film présente également la culture, les traditions étonnantes et la situation actuelle des tribus nagas qui vivent dans ces montagnes, à cheval entre l’Inde et la Birmanie.

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A PARTIR DE 21H30

CONCERT DE CLOTURE AVEC LE GROUPE AFRO REGGAE, THE MAATHIANS
Participation libre

Les films de la collection jeunesse “Grains d’homme” à nouveau sur Arte

30 mars 2010 ( patrick bernard )

Diffusion de la série Grains d’Homme sur Arte

A partir du dimanche 4 avril 2010, ne manquez pas sur Arte, les diffusions des films de la série jeunesse Grains d’Homme – Une journée d’enfance tout au bout du monde :
- chaque mercredi à 7h45
- chaque samedi et dimanche à 9h05

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LA MORT D’UN ARBRE

30 mars 2010 ( patrick bernard )

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Par Gisèle Beetz

La mort d’un arbre

Ce pourrait être un conte, certes. Mais un conte dont il faudrait tenir compte car nous sommes ici dans les pages d’ « IKEWAN » où l’on ne raconte pas n’importe quoi. Et surtout pas des contes à dormir debout ! Ici, si conte il y a, c’est qu’il secoue, réveille, tenaille, c’est qu’il met la raison à la question, qu’il brise le cœur et fait des bleus à l’âme. Ce petit conte a pour cadre l’Archipel des Andaman, lové dans le Golfe du Bengale. Archipel qui serait paradisiaque : forêts tropicales luxuriantes, plages de sable nacré parées d’élégants cocotiers, océan émeraude ou turquoise, ciel azur radical, air diaphane, SI….

SI, colonisé par les Britanniques, avec l’Inde, dès la fin du 18ème siècle, il n’était pas devenu au 19ème le plus grand bagne DU MONDE. Prisonniers politiques et de droit commun mêlés, comme il se doit. SI, à partir de 1947, avec l’indépendance de l’Inde, le nouveau gouvernement n’avait pas encouragé le peuplement de l’archipel par les Indiens (si pauvres …). C’est là que se trouvent les prémices de notre conte. Car dès lors, se déploya sur cette terre édénique un filet funeste et fatal dont les mailles se resserrèrent inexorablement sur les cinq ethnies andamanaises : Grands Andamanais, Sentinelles, Jarawa avec lesquels ICRA International a su créer des liens et engager des combats pour éviter le pire à ces 27O survivants, Onge, Jangil, ces derniers ayant carrément disparu. On les appelle aussi « Négritos » car leur peau noire et leurs cheveux crépus les distinguent des peuples asiatiques environnants. Pour les savants (anthropologues, préhistoriens, ethnologues…) ils pourraient être les premiers hommes à avoir quitté l’Afrique, des tests d’ADN montrant des ressemblances avec celui des Bushmen du Kalahari…

Mais laissons ces considérations aux érudits qui y consacrent leur vie et revenons à notre conte. Ce fut le 4 février 2010, jour de colère et de douleur, que l’évènement se produisit. Soudain, le chant des oiseaux cessa. Les singes mutins s’immobilisèrent et se turent. Dans les mangroves, les crocodiles s’immergèrent précautionneusement. Suspendues aux arbres, les grappes de chauve-souris se contractèrent. Eléphants et cochons sauvages se muèrent en statues de sel tandis que, dans l’eau cristalline, les colonies de coraux, mérous et tortues, requins et dauphins cessèrent leurs danses lascives. Les êtres humains se figèrent. Le temps lui-même stoppa sa course. Souffle de vie en suspens. Puis, sortie d’on ne sait où, une trombe de silence submergea les îles. Si, pour certains, le silence est d’or, celui-ci, lourd, profond, fut de plomb. Un silence de mort, un silence de cimetière, comme l’aime le fils de la nuit et frère du sommeil : Thanatos. Un silence feutré, épais, hypocrite tel qu’en produit un silencieux adapté au canon d’une arme à feu pour étouffer le bruit de la détonation qui tue. Et une femme mourut. De mort naturelle. Comme il en meurt tant à chaque minute. Rien que du banal. Un non-évènement pour l’Humanité, une mort passée sous silence, dans l’indifférence, l’apathie de la conscience mondiale. Eh oui, toutes les morts ne sont pas égales pour médias friands de sensationnel. N’est pas Mickaël Jackson qui veut…. Ne peut pas être « pipole » celui dont on ne soupçonne même pas l’existence.

Mais ce silence létal qui n’en finissait pas fut terriblement assourdissant, fracassant pour Gaïa, la Terre-mère, car, elle, savait. Elle savait que Boa sr, 85 ans, était la dernière survivante du peuple Bo. Sa mort ne fut pas que physique, elle fut surtout symbolique. Car ce n’était pas seulement un effacement individuel. Il n’y avait déjà plus de « nous » chez les Bo, mais il restait encore un « je », une locutrice, une porteuse de vécu. En frappant Boa sr, la Grande Faucheuse mettait un point final à l’Histoire d’un peuple : sa langue, ses coutumes, ses savoirs, ses croyances, ses rêves, ses rires, ses peines, sa sagesse… Quelles traces ? Plus de cordon ombilical. Dilution dans un Trou noir. Un arbre plusieurs fois millénaire venait de s’abattre. Un arbre de vie. Un arbre généalogique d’une des familles humaines brusquement arraché, déraciné. Tronc couché sur le sol, géant pathétique. Cime déchirée à terre. Racines, comme de sinistres moignons, tournées vers le ciel. Sang vital perdu, bu par la poussière. Désormais stérile, l’arbre ne porterait plus de fruits. Une essence unique de la société des Hommes venait de disparaitre. Et la Nature fut en berne. Elle perdait un enfant, un peuple de guetteurs protecteurs, si rares, qui veillaient encore sur elle quand d’autres la violaient sans états d’âme. Ce jour-là, la Terre-mère cria son impuissance. Elle pleura beaucoup, longtemps. Elle cessa lorsque ses larmes se firent menace pour sa grande famille dispersée de par le monde, y compris ses propres bourreaux…

Ce conte est triste ? Beaucoup le sont mais le positif apparait quand on en tire les leçons : de l’ombre peut jaillir la lumière, de la tristesse peut fuser l’espoir. Il pose de grandes questions, le petit conte, à qui veut bien les entendre : quelle est la place de l’être humain dans la nature ? Pendant des millions d’années l’homme chasseur-cueilleur l’a respectée, se déplaçant incessamment pour ne pas l’épuiser : chacun était gagnant. Mais aujourd’hui, Nature et Progrès sont-ils forcément antagoniques ? Quelle relation entre la Nature et la Civilisation ? Avec la croissance démographique, l’Humanité est incroyablement plurielle et pourtant enfant de la même mère : identité singulière en même temps qu’universelle, est-ce contradictoire ? Pourquoi, dans notre époque chaotique, les peuples chasseurs-cueilleurs ne sont-ils plus qu’en sursis ? Pourquoi faut-il qu’ils disparaissent, eux qui sont la mémoire de notre Préhistoire ? Eux, nos premiers pieds, nos premiers pas, nos premiers outils, nos premiers Prométhée faiseurs de feu, nos premiers artistes, graffeurs rupestres de génie… Eux, nos premiers mots, nos premiers rires, nos premières amours, nos premiers rêves, nos premiers cauchemars. Eux, notre patrimoine non monnayable sur le marché mais essentiel, vital pour un futur de plus en plus hypothétique.

Ce conte sur les Andamanais n’a pas de fin, pas encore. Mais il peut, hélas, se multiplier à l’infini. Pygmées ou Bushmen San d’Afrique, Mlabri de Thaïlande, Wayana ou Yanomami d’Amazonie, Mentawai, ces hommes-fleurs d’îles au large de Sumatra… et tant d’autres : sont-ils tous dans les couloirs de la mort ? Pourquoi ?

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Eh bien, conte ou pas conte, il faut se retrousser les manches, doper neurones et synapses, pour tenter de comprendre. Même si l’on pressent déjà que la Quête des réponses ne se fera pas sans rencontrer « du sang, de la sueur et des larmes. » , et que l’on quitte l’idyllique pour l’élégiaque, la Pastorale pour le drame. Comme dans tous les contes, il y aura des bons et des méchants, des sorciers jeteurs de sorts irréparables, des mauvais esprits, virus virulents lâchés contre l’Humain… (l’être humain ? c’est quoi, ça, et ça vaut combien ?), des sirènes seconds couteaux pour accomplir les basses œuvres des grands squales glacés qui ont une faim de fonds toujours plus abyssaux. Eh oui, dans les contes d’aujourd’hui, il y a de plus en plus d’orphelines et de moins en moins de princes charmants. Ce sont des polars où des tueurs en série ouvrent leurs parachutes dorés pour atterrir aux quatre coins de notre planète et y commettre leurs innombrables crimes sans jamais être condamnés.

Dire qu’il y a du pain sur la planche est un doux euphémisme ! Le poète Virgile, nous a laissé un beau message : « On se lasse de tout, sauf de comprendre. » Vingt siècles plus tard, le romancier Lawrence Durrel, comme une réponse à Virgile, nous prévient que la route est difficile : « Oui, mais tout comprendre, c’est tout souffrir. » Qu’importe, il faut comprendre ! Alors, et alors seulement, nous pourrons dynamiter le silence, rejeter les « Je ne savais pas ! », renouer le dialogue avec les peuples sans voix qui ont tant à nous apprendre. Il est encore temps puisque vous êtes en train de lire « IKEWAN » ! Ecoutez la plume de ces passionnés des Autres, de ces amoureux de la différence, cette chance ! Ils témoignent, les yeux gravés d’images indélébiles, et vous espèrent, car il est urgent d’agir.

Gisèle Beetz.

JARAWA SUR FRANCE 5 CE DIMANCHE 28 MARS A 15h45

15 mars 2010 ( patrick bernard )

Jarawa, La rencontre interdite sur France 5
Ne manquez pas sur France 5, la diffusion du film JARAWA :
- le dimanche 28 mars à 15h45

Dans l’archipel indien des Andaman, vivent les derniers représentants du peuple Jarawa. Préservés des
influences du monde extérieur par leur insularité, les Jarawa perpétuent un mode de vie autarcique, hérité
de leurs ancêtres. Un ethnographe réussit à établir un contact avec ce peuple mystérieux et permet de
découvrir quelques aspects de son existence secrète et menacée, dans ce documentaire tourné juste
avant le raz-de-marée de décembre 2004, qui a dévasté les archipels des Andaman et des Nicobar…

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THAILANDE UN AUTRE REGARD EN RÉGION PARISIENNE - Mars 2010

3 mars 2010 ( patrick bernard )

Du 9 mars au 2 avril 2010, Patrick BERNARD présentera, dans le cadre de Connaissance du Monde, notre ciné conférence THAILANDE UN AUTRE REGARD dans toutes ces villes de la région parisienne et de Normandie:

Sèvres, Bagneux, Senlis,Thiais, Colombes, l’Isle Adam, Sartrouville, Conflns sainte Honorine, Bois Colombes, Le Havre, Saint Mandé, Fosses, Champigny sur Marne, Aubergenville, Nogent le Rotrou.

Une approche inédite des peuples de Thaïlande et de leurs traditions des régions les plus touristiques aux contrées les plus isolées des zones frontalières avec le Laos ou la Birmanie.

LES FILS DU VENT SUR FRANCE 5

29 janvier 2010 ( patrick bernard )

Ne manquez pas sur France 5, la diffusion du film LES FILS DU VENT :

-le lundi 15 fevrier à 16h30
-le samedi 27 Février à 21h35
-le vendredi 5 mars à 10h10

Ce documentaire montre la vie quotidienne de trois familles mongoles nomades, dans le mois précédent
le festival national annuel, le Nadaam. En juillet, les Mongols, des plus grands dignitaires de l’Etat aux
nomades, convergent de tout le pays vers la capitale Oulan-Bator pour s’affronter dans trois épreuves : la lutte, le tir à l’arc, la course de chevaux - compétition réservée aux enfants. La première famille appartient au peuple Tsaatan, peuple qui vit au coeur de la taïga nordique et qui ne compte plus que 35 familles nomades. La famille élève des rennes et habite dans des tipis. La seconde famille, les Alten Guerrels, élève des chevaux pour les courses du Nadaam. Le petit garçon âgé de 4 ans parviendra-t-il à remporter l’épreuve-reine ? La troisième famille, les Baade, s’occupe d’un troupeau de yacks. Si les courses de yacks sont moins prestigieuses, elles sont néanmoins appréciées pour leur côté divertissant.

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AMAZONIE INDIENNE avec ICRA Bordeaux le 28 Janvier

22 janvier 2010 ( patrick bernard )

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