En ce mois de décembre 2008 porteur de fêtes (pour les heureux qui ont quelque chose à fêter), la Péniche Anako se déguise en père Noël… En effet, notre ambassadrice des peuples délaissés nous offre un sacré voyage doublé d’un voyage sacré : elle nous emmène au Tibet, au Népal, au Bhoutan, au Ladakh… La péniche-Noël va survoler l’indépassable Himalaya, la « demeure des neiges » en sanscrit, mais aussi la maison des Dieux et des génies.
Entre terres de mousson et déserts de Haute-Asie, entre cimes enneigées et dunes de sable, nous allons découvrir, après le monde végétal de l’Amazonie, l’univers minéral de la verticalité, de la démesure et de l’extrême. Sur 2 700 km, d’Ouest en Est et 500 km du Nord au Sud nous allons naviguer – ô ces noms qui font rêver : Everest, Annapurna… – à plus de huit mille mètres. Et là, danger ! Ne risquons-nous pas fatigue abyssale, maux de tête et nausées, vertiges et insomnies, perte d’appétit et cœur dansant ? Bref, le mal d’altitude (le « soroche » des pays andins) dû à la raréfaction de l’oxygène ? Rassurez-vous, notre péniche préférée est une bulle : elle nous fera planer sans risque !
Ainsi sommes-nous conviés à découvrir les splendeurs himalayennes. Là où la nature s’est faite orfèvre : gigantesque bijou de vif-argent ciselé, de nacre scintillante, de pointes adamantines. Un immense cordon ombilical reliant la Terre au ciel, baignant dans la pureté d’une lumière diaprée, diaphane.
Et ces doigts de pierre cyclopéens, aux ongles vernis de neige liliale ou de glace azurée, se lancent à l’assaut du ciel, relais entre l’humain et le divin. Car ce milieu si beau mais si dur, si âpre, est source de spiritualité. Et l’Homme, ici, s’est aussi fait artiste, en essaimant 1001 monastères, aux fins d’enrichir le karma, promesse de meilleure réincarnation. C’est que les innombrables ethnies himalayennes pratiquent le bouddhisme, les cultes lamaïques, les croyances animistes, les arcanes chamaniques… Au Tibet, où domine le bouddhisme tantrique, la ferveur religieuse, l’omniprésence du sacré sont perceptibles au premier regard. Lhassa, Potala, gompas, lieux de prières, de méditation et d’études. Partout, drapeaux, moulins à prières, portraits du Dalai-Lama (on ne peut l’évoquer sans penser au conflit avec la Chine).
Je n’en dirai pas plus, mon ignorance de ces peuples ne donnerait que mots secs. Je n’ai du reste jamais croisé de lamas ni rencontré de sherpas ni, surtout, vu ou entrevu le fabuleux yéti… J’attends tout de la Péniche Anako !
Gisèle BEETZ