L’odeur de la Papaye verte

En ce mois de février 2009, la Péniche Anako revenue de son énigmatique escapade, tangue d’impatience. Elle accueille à son bord l’Indochine et ses multiples ethnies. Et elle n’a de cesse de nous inviter à humer « L’odeur de la papaye verte » (ce beau film franco-vietnamien, Caméra d’or du Festival de Cannes 1993…) ! Une rencontre avec poésie et tragédie, beautés et atrocités, pochées sur un même batik.

Indochine : voyage à travers des mots qui sont autant de perles, ruisselant collier de grâce, de sensualité, de touffeur, de couleurs, d’odeurs. Tentons un « inventaire à la Prévert », sans tête ni queue, même pas celles des dragons ! Soie, bambou, gong, sourires, Mékong, princesses des montagnes, Oy, pagode de la Dame céleste, Baie d’Along, Plaine des jarres, Citadelle des femmes, Bouddha d’émeraude, Col des nuages, Thaïs blancs, la Rivière des Parfums, bonze, lotus, chats marbrés, la ville des Potières, ours bleu, stupa, Temple de la Littérature, poissons-corbeaux, rizières en terrasses, tigres rugissants, Edé les Fils du Maître du Ciel , Angkor, cannelle, porcelaine, danseuses du Paradis, palmiers à sucre, Terre des âmes errantes, villages flottants, broderie, séduction, les Maisons de Rencontre, la goutte de rosée sur les lèvres du bébé, H’mongs noirs, tissus safranés, bambous percutés ou soufflés, Iko Pouly, le Cheveu de Bouddha, la Terrasse des éléphants… Ressentez-vous une sorte de fascination, une ivresse ? L’inventaire pourrait ne pas cesser mais il faut bien que chacun découvre d’autres trésors encore cachés…

Indochine : « Voyage au bout de l’enfer », aussi ! Encore Prévert et sa Barbara : « Rappelle-toi Barbara… je t’ai croisée rue de Siam…. Sous cette pluie de fer de feu d’acier de sang… Oh Barbara quelle connerie la guerre… » Les mots se font acérés, explosifs, douloureux, tueurs. Chine, France, Japon, E.-U., Khmers rouges, juntes militaires… Guerres d’invasion, guerres coloniales, guerres fratricides, guerres de riches… Dien Bien Phu, napalm, agent orange, B52, Pol Pot, viols, « Petites fleurs des rues », prostitution, sida, ethnies massacrées… L’indicible d’hier et d’aujourd’hui. Tout le monde sait. Jamais assez. Pour un « Plus jamais ça ! »…

Indochine : notre ambassadrice au grand cœur la porte dans son ventre de mère universelle. Avez-vous perçu, depuis le Quai de la Seine, les vibrations des gongs, le souffle des flûtes à six tubes, le rythme des bambous percutés ? Non ? Alors, empruntez la passerelle, nous partons avec nos poètes nomades, libres : ils ont du bonheur, de la douleur, en tout cas du sens, à nous offrir. Cela ne se refuse pas !

Gisèle BEETZ

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Un commentaire au message

  1. commentaire de ParaOriergy:

    Thank you!

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