Archive pour avril, 2009

MAI : LE PRINTEMPS D’ANAKO A BORD DE LA PÉNICHE DES PEUPLES ET DES CULTURES DU MONDE

Dimanche, avril 26th, 2009

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Après avoir fait vivre le ventre de notre Péniche les caravanes hauturières de nos amis Touaregs s’éloignent vers d’autres horizons et la première édition du Printemps d’ANAKO se met en place.

Une exposition “Enfances autochtones” mais aussi des projections débats et des ciné conférences non stop pour découvrir les Mémoires d’hier, d’aujourd’hui et de demain, ces 21, 22, 23 et 24 mai.

Les 30 et 31 mai, deux journées d’enfance tout au bout du monde emmèneront vos enfants de 6 à 13 ans à la rencontre de nouveaux amis des tribus du bout du monde à travers 15 films “jeunesse” animés par leurs auteurs…
Tarifs à l’unité et pass pour tout le festival à prix tout petit petit…

Du 1er au 8 mai,ne manquez pas non plus de festival de Théâtre de la compagnie Clins d’Oeil pour des moments inoubliables de complicité partagée.

LE PROGRAMME AU JOUR LE JOUR SUR : http://peniche.anako.com

LE MOT DE NOTRE AMIE GISÈLE

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Caméléonnons !

A l’approche du mois de mai 2009, la sève printanière irriguant tous ses bois, la Péniche Anako, en ébullition, m’invita dans son ventre, une nuit de pleine lune, en veine de confidences. Etonnée mais ravie, j’accourus et ouvris tout grand mes esgourdes. « Il y a 41 ans, Mai 68 secoua la planète, et ce fut tant mieux ! Imaginaire, rêve, utopie, luttes furent sur le devant de la scène rejetant les vieilleries, refusant le « Métro-boulot-dodo » ! Bravo ! Aujourd’hui, un seul de ses slogans flamboyants qui fleurissaient les murs ne me convient pas : « Arrêtez le monde, je veux descendre ! ». Bien sûr, dans notre actualité de souffrances obscènes où l’on broie l’Homme, je comprends que l’on puisse reprendre ces mots. Cependant, moi, en mai, je ne veux pas que l’on descende, je veux que l’on monte… à bord ! Car, vois-tu, en mai, je serai caméléon ! ». Fin de la conversation.

Caméléon ??? En avril, elle fut camélidé sur les pistes caravanières du Sahara et en mai elle sera caméléon ? Bigre ! Que mijote-t-elle ? Quelque peu indiscrète, j’ai farfouillé dans ses dossiers… Mais oui, caméléon notre ambassadrice toujours plus généreuse et dévouée ! Cette espèce de lézard s’adapte à tout et à tous, change de couleurs en même temps que d’environnement, recueille mille informations avec ses yeux qui roulent dans tous les sens. Oui, c’est bien vrai, en mai sur la péniche ça va sacrément caméléonner !!!

Explications. Du 1er au 8 mai, elle se mue, en un « Clin d’œil », en café-théâtre. Les 18 et 19 mai, l’ambassadrice swingue : jazz ! A partir du 21 mai, elle revient à sa raison de vivre : bras grands ouverts aux peuples des quatre coins du monde avec changement de couleurs, de milieux, de continents plusieurs fois par jour, un vrai festival pour petits et grands ! Afrique, Asie, Océanie, Amérique… Vous êtes partants ? Il faut que vous sachiez que notre lézard excentrique est aussi animal sacré dans de nombreuses civilisations africaines (Pygmées, Dogons…) : il serait démiurge, à l’origine de l’eau, de la femme et de l’homme. Sa lenteur est signe de sagesse. Avec ses couleurs, il est lié à l’arc-en-ciel, chemin de la terre au ciel. Il est aussi lié au soleil qu’il fait entrer en communication avec les hommes. Dans l’animisme africain, la divinité supérieure (l’Orisha du panthéon vaudou, par exemple) est représentée sous forme d’un caméléon avec un soleil dans la bouche. N’est donc pas caméléon qui veut et ce n’est pas mot hasardeux qu’a choisi notre savante ambassadrice !

En mai, nous serons tous caméléons ! Nous nous fondrons dans les savanes, les jungles, les îles, les forêts, les montagnes, les déserts, les vallées. Nous deviendrons chasseurs, cueilleurs, pasteurs nomades, agriculteurs itinérants, griots, caravaniers, chamans, artisans. Nous marcherons en Nouvelle-Guinée, dans le grand Rift africain, dans une Chine méconnue, en Tanzanie, dans le Kalahari, en Thaïlande, au Laos, en Amazonie, dans le Parc du Xingu… Nous serons « hommes sages », « hommes fleurs », « hommes vrais », « hommes sans terre », « hommes chasseurs de têtes », « hommes nilotiques », « hommes des feuilles jaunes »… - Ca va, vous survivrez ? - Nous troquerons nos nationalités, nos identités, notre ronron pour devenir peuples en sursis, sans Etats, sans voix à l’ONU, sans droits. Nous assumerons d’être les proies des grands prédateurs anonymes : proies des requins du profit convoitant nos richesses qui deviennent pour nous signes de pauvreté et de mort ; proies des violeurs d’âme qui, au nom d’un dieu d’amour, assassinent nos valeurs, nos cultures ; proies des tour-opérateurs qui, pour appâter le client en quête de frissons, font dans l’ethnotourisme, nous réduisant à l’état d’animaux de zoos. Oui, soyons eux, puisqu’ils sont aussi nous. Debout, dignes, fiers, nous lutterons pour ne pas disparaitre, pour faire fleurir un renouveau indigène.

Alors, les caméléons, d’accord pour ces rendez-vous de mai ? Tenue de couleurs exigée !
Gisèle Beetz

PEUPLES AUTOCHTONES ET FORÊTS

Samedi, avril 18th, 2009

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De 11h30 à 12h le Lundi 18 Mai, Patrick BERNARD sera interviewé par Marie-Cécile Bras et Arnaud Jouve au micro de RFI à l’occasion de la conférence des Nations Unies sur les peuples autochtones et forêts, qui se tient ce même jour à New-York.

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LA PÉNICHE ANAKO SUR LES TRACES DES GRANDS NOMADES DU SAHARA

Samedi, avril 4th, 2009

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TOUT LE PROGRAMME DES PROCHAINS JOURS SUR LE SITE DE LA PÉNICHE ANAKO DES PEUPLES ET DES CULTURES
http://peniche.anako.com
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Sahara, mon amour

En ce mois d’avril 2009, la Péniche Anako invite à son bord un monde de l’extrême : l’Afrique des seigneurs du désert, fils du vent, hommes bleus, hommes du voile… Touaregs, sublimes nomades. Car pour vivre dans l’espace saharo-sahélien, il faut bouger ! « Le Sahara est un puits dont le chameau est la corde », dit un proverbe africain. Dans ces quelques mots, la vie est dite : l’eau et les dromadaires sans lesquels il n’y aurait que mort pour ces pasteurs et leurs troupeaux, pour ces caravaniers grands connaisseurs des réseaux de puits, grands maîtres des routes commerciales, indissociables de leurs fières montures, ces infatigables vaisseaux d’un océan de sable (ergs) et de pierres (regs).

Fermez les yeux ! Pensez Sahara ! Laissez-vous envahir par ce haut-lieu de l’imaginaire, de fantasmes, de mirages. Âpre terre de l’abstraction et du cérébral où le corps se consume loin des abondances pâmées. Ordre immuable dans un univers pourtant caméléon où tout bouge et se transforme. Monde pulvérulent où les mots se perdent dans les sables. Parole tarie quand la pensée se fait nomade sur les pistes millénaires des énigmes de l’identité. Espace somptueux et violent où l’être est mis à nu. Eblouissements géométriques. Harcèlement tyrannique d’un horizon qui ramène toujours au centre, au grand trou de l’âme. Loin du superflu. Dépouillement raffiné. Dénuement en abondance. Ascèse purificatrice. Et ce ruissellement intarissable de la lumière comme s’il pleuvait des lames. Bouches brûlées dans l’attente exacerbée de l’eau promise que les oueds fantômes ne peuvent étancher. Illusions verticales des mirages tombés d’un ciel en feu. Interminables traversées de flaques d’or où la douceur du creux des dunes n’entame en rien l’implacable et fuyante découpe des crêtes. Avancée têtue des caravanes dans la transparence d’un air incendiaire. Et ce bleu du ciel décapant comme un acide. Jusqu’à la plongée brutale dans l’opulence presque indécente des oasis. Retour à l’araire et à l’enraciné. Couleurs, odeurs, ombre. Place aux échanges, tandis que les corps, à nouveau, déploient leurs pétales dans le murmure frais de l’eau qui court entre le mil, les abricotiers, les dattes et les roses…

Mais il faut bien reprendre les pistes pour atteindre les salines de Bilma, ou pour retrouver les puisatiers du Niger qui descendent dans le ventre de la terre (jusqu’à – 120 mètres) dans la quête vitale de l’eau, ou rejoindre les marchés du Sahel. Après le fabuleux ballet des étoiles filantes et l’énorme croissant de lune déversant sa nacre glacée, dans un silence minéral, c’est le départ dans les gris tristes de l’aube transie. Puis les cristaux du sable chauffés à blanc. Les ocres excessifs du jour flamboyant qui violent l’abri satiné des paupières. Quand l’harmattan remonte les voiles sur les visages, chavirant la raison et les sens, déchirant les tentes au vélum en peau de chèvre. Et la chaleur infernale, sans limites, jusqu’à la venue des mauves du crépuscule foudroyant. Insoutenable beauté du désert, grâce sublime des fils de cette terre qu’ils aiment tant.

Les seigneurs du désert et leur fascinante culture sont plus que jamais en danger. Les chants d’amour ont fait place aux chants de révolte contre les massacres perpétrés par des Etats qui imposent la sédentarité. Alors, quel avenir pour ces aigles majestueux et libres auxquels on veut couper les ailes ? Venez vite, et les yeux bien ouverts, faire leur connaissance, avant qu’ils ne disparaissent dans une tempête de sable… programmée. Notre péniche au grand cœur veille sur eux : ils vous attendent !
Gisèle BEETZ