Archive pour mars, 2010

Les films de la collection jeunesse “Grains d’homme” à nouveau sur Arte

Mardi, mars 30th, 2010

Diffusion de la série Grains d’Homme sur Arte

A partir du dimanche 4 avril 2010, ne manquez pas sur Arte, les diffusions des films de la série jeunesse Grains d’Homme – Une journée d’enfance tout au bout du monde :
- chaque mercredi à 7h45
- chaque samedi et dimanche à 9h05

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LA MORT D’UN ARBRE

Mardi, mars 30th, 2010

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Par Gisèle Beetz

La mort d’un arbre

Ce pourrait être un conte, certes. Mais un conte dont il faudrait tenir compte car nous sommes ici dans les pages d’ « IKEWAN » où l’on ne raconte pas n’importe quoi. Et surtout pas des contes à dormir debout ! Ici, si conte il y a, c’est qu’il secoue, réveille, tenaille, c’est qu’il met la raison à la question, qu’il brise le cœur et fait des bleus à l’âme. Ce petit conte a pour cadre l’Archipel des Andaman, lové dans le Golfe du Bengale. Archipel qui serait paradisiaque : forêts tropicales luxuriantes, plages de sable nacré parées d’élégants cocotiers, océan émeraude ou turquoise, ciel azur radical, air diaphane, SI….

SI, colonisé par les Britanniques, avec l’Inde, dès la fin du 18ème siècle, il n’était pas devenu au 19ème le plus grand bagne DU MONDE. Prisonniers politiques et de droit commun mêlés, comme il se doit. SI, à partir de 1947, avec l’indépendance de l’Inde, le nouveau gouvernement n’avait pas encouragé le peuplement de l’archipel par les Indiens (si pauvres …). C’est là que se trouvent les prémices de notre conte. Car dès lors, se déploya sur cette terre édénique un filet funeste et fatal dont les mailles se resserrèrent inexorablement sur les cinq ethnies andamanaises : Grands Andamanais, Sentinelles, Jarawa avec lesquels ICRA International a su créer des liens et engager des combats pour éviter le pire à ces 27O survivants, Onge, Jangil, ces derniers ayant carrément disparu. On les appelle aussi « Négritos » car leur peau noire et leurs cheveux crépus les distinguent des peuples asiatiques environnants. Pour les savants (anthropologues, préhistoriens, ethnologues…) ils pourraient être les premiers hommes à avoir quitté l’Afrique, des tests d’ADN montrant des ressemblances avec celui des Bushmen du Kalahari…

Mais laissons ces considérations aux érudits qui y consacrent leur vie et revenons à notre conte. Ce fut le 4 février 2010, jour de colère et de douleur, que l’évènement se produisit. Soudain, le chant des oiseaux cessa. Les singes mutins s’immobilisèrent et se turent. Dans les mangroves, les crocodiles s’immergèrent précautionneusement. Suspendues aux arbres, les grappes de chauve-souris se contractèrent. Eléphants et cochons sauvages se muèrent en statues de sel tandis que, dans l’eau cristalline, les colonies de coraux, mérous et tortues, requins et dauphins cessèrent leurs danses lascives. Les êtres humains se figèrent. Le temps lui-même stoppa sa course. Souffle de vie en suspens. Puis, sortie d’on ne sait où, une trombe de silence submergea les îles. Si, pour certains, le silence est d’or, celui-ci, lourd, profond, fut de plomb. Un silence de mort, un silence de cimetière, comme l’aime le fils de la nuit et frère du sommeil : Thanatos. Un silence feutré, épais, hypocrite tel qu’en produit un silencieux adapté au canon d’une arme à feu pour étouffer le bruit de la détonation qui tue. Et une femme mourut. De mort naturelle. Comme il en meurt tant à chaque minute. Rien que du banal. Un non-évènement pour l’Humanité, une mort passée sous silence, dans l’indifférence, l’apathie de la conscience mondiale. Eh oui, toutes les morts ne sont pas égales pour médias friands de sensationnel. N’est pas Mickaël Jackson qui veut…. Ne peut pas être « pipole » celui dont on ne soupçonne même pas l’existence.

Mais ce silence létal qui n’en finissait pas fut terriblement assourdissant, fracassant pour Gaïa, la Terre-mère, car, elle, savait. Elle savait que Boa sr, 85 ans, était la dernière survivante du peuple Bo. Sa mort ne fut pas que physique, elle fut surtout symbolique. Car ce n’était pas seulement un effacement individuel. Il n’y avait déjà plus de « nous » chez les Bo, mais il restait encore un « je », une locutrice, une porteuse de vécu. En frappant Boa sr, la Grande Faucheuse mettait un point final à l’Histoire d’un peuple : sa langue, ses coutumes, ses savoirs, ses croyances, ses rêves, ses rires, ses peines, sa sagesse… Quelles traces ? Plus de cordon ombilical. Dilution dans un Trou noir. Un arbre plusieurs fois millénaire venait de s’abattre. Un arbre de vie. Un arbre généalogique d’une des familles humaines brusquement arraché, déraciné. Tronc couché sur le sol, géant pathétique. Cime déchirée à terre. Racines, comme de sinistres moignons, tournées vers le ciel. Sang vital perdu, bu par la poussière. Désormais stérile, l’arbre ne porterait plus de fruits. Une essence unique de la société des Hommes venait de disparaitre. Et la Nature fut en berne. Elle perdait un enfant, un peuple de guetteurs protecteurs, si rares, qui veillaient encore sur elle quand d’autres la violaient sans états d’âme. Ce jour-là, la Terre-mère cria son impuissance. Elle pleura beaucoup, longtemps. Elle cessa lorsque ses larmes se firent menace pour sa grande famille dispersée de par le monde, y compris ses propres bourreaux…

Ce conte est triste ? Beaucoup le sont mais le positif apparait quand on en tire les leçons : de l’ombre peut jaillir la lumière, de la tristesse peut fuser l’espoir. Il pose de grandes questions, le petit conte, à qui veut bien les entendre : quelle est la place de l’être humain dans la nature ? Pendant des millions d’années l’homme chasseur-cueilleur l’a respectée, se déplaçant incessamment pour ne pas l’épuiser : chacun était gagnant. Mais aujourd’hui, Nature et Progrès sont-ils forcément antagoniques ? Quelle relation entre la Nature et la Civilisation ? Avec la croissance démographique, l’Humanité est incroyablement plurielle et pourtant enfant de la même mère : identité singulière en même temps qu’universelle, est-ce contradictoire ? Pourquoi, dans notre époque chaotique, les peuples chasseurs-cueilleurs ne sont-ils plus qu’en sursis ? Pourquoi faut-il qu’ils disparaissent, eux qui sont la mémoire de notre Préhistoire ? Eux, nos premiers pieds, nos premiers pas, nos premiers outils, nos premiers Prométhée faiseurs de feu, nos premiers artistes, graffeurs rupestres de génie… Eux, nos premiers mots, nos premiers rires, nos premières amours, nos premiers rêves, nos premiers cauchemars. Eux, notre patrimoine non monnayable sur le marché mais essentiel, vital pour un futur de plus en plus hypothétique.

Ce conte sur les Andamanais n’a pas de fin, pas encore. Mais il peut, hélas, se multiplier à l’infini. Pygmées ou Bushmen San d’Afrique, Mlabri de Thaïlande, Wayana ou Yanomami d’Amazonie, Mentawai, ces hommes-fleurs d’îles au large de Sumatra… et tant d’autres : sont-ils tous dans les couloirs de la mort ? Pourquoi ?

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Eh bien, conte ou pas conte, il faut se retrousser les manches, doper neurones et synapses, pour tenter de comprendre. Même si l’on pressent déjà que la Quête des réponses ne se fera pas sans rencontrer « du sang, de la sueur et des larmes. » , et que l’on quitte l’idyllique pour l’élégiaque, la Pastorale pour le drame. Comme dans tous les contes, il y aura des bons et des méchants, des sorciers jeteurs de sorts irréparables, des mauvais esprits, virus virulents lâchés contre l’Humain… (l’être humain ? c’est quoi, ça, et ça vaut combien ?), des sirènes seconds couteaux pour accomplir les basses œuvres des grands squales glacés qui ont une faim de fonds toujours plus abyssaux. Eh oui, dans les contes d’aujourd’hui, il y a de plus en plus d’orphelines et de moins en moins de princes charmants. Ce sont des polars où des tueurs en série ouvrent leurs parachutes dorés pour atterrir aux quatre coins de notre planète et y commettre leurs innombrables crimes sans jamais être condamnés.

Dire qu’il y a du pain sur la planche est un doux euphémisme ! Le poète Virgile, nous a laissé un beau message : « On se lasse de tout, sauf de comprendre. » Vingt siècles plus tard, le romancier Lawrence Durrel, comme une réponse à Virgile, nous prévient que la route est difficile : « Oui, mais tout comprendre, c’est tout souffrir. » Qu’importe, il faut comprendre ! Alors, et alors seulement, nous pourrons dynamiter le silence, rejeter les « Je ne savais pas ! », renouer le dialogue avec les peuples sans voix qui ont tant à nous apprendre. Il est encore temps puisque vous êtes en train de lire « IKEWAN » ! Ecoutez la plume de ces passionnés des Autres, de ces amoureux de la différence, cette chance ! Ils témoignent, les yeux gravés d’images indélébiles, et vous espèrent, car il est urgent d’agir.

Gisèle Beetz.

JARAWA SUR FRANCE 5 CE DIMANCHE 28 MARS A 15h45

Lundi, mars 15th, 2010

Jarawa, La rencontre interdite sur France 5
Ne manquez pas sur France 5, la diffusion du film JARAWA :
- le dimanche 28 mars à 15h45

Dans l’archipel indien des Andaman, vivent les derniers représentants du peuple Jarawa. Préservés des
influences du monde extérieur par leur insularité, les Jarawa perpétuent un mode de vie autarcique, hérité
de leurs ancêtres. Un ethnographe réussit à établir un contact avec ce peuple mystérieux et permet de
découvrir quelques aspects de son existence secrète et menacée, dans ce documentaire tourné juste
avant le raz-de-marée de décembre 2004, qui a dévasté les archipels des Andaman et des Nicobar…

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THAILANDE UN AUTRE REGARD EN RÉGION PARISIENNE - Mars 2010

Mercredi, mars 3rd, 2010

Du 9 mars au 2 avril 2010, Patrick BERNARD présentera, dans le cadre de Connaissance du Monde, notre ciné conférence THAILANDE UN AUTRE REGARD dans toutes ces villes de la région parisienne et de Normandie:

Sèvres, Bagneux, Senlis,Thiais, Colombes, l’Isle Adam, Sartrouville, Conflns sainte Honorine, Bois Colombes, Le Havre, Saint Mandé, Fosses, Champigny sur Marne, Aubergenville, Nogent le Rotrou.

Une approche inédite des peuples de Thaïlande et de leurs traditions des régions les plus touristiques aux contrées les plus isolées des zones frontalières avec le Laos ou la Birmanie.